Des villes comme Barcelone, Venise, Amsterdam ou Dubrovnik qui prennent des mesures pour faire face à l’affluence des touristes, des monuments comme le Taj Mahal ou la Cité Interdite qui limitent le nombre de visiteurs, des sites comme l’Everest ou les Angkor dévastés par les déchets… et des populations qui s’insurgent de plus en plus violemment contre ces «envahisseurs» d’un nouveau genre.

Le «surtourisme» comme on le nomme, est-il le mal du siècle ? Et comment peut-on y faire face ?

Par Christian Charreyre

Selon les chiffres de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), le tourisme mondial se porte bien et même très bien. Les records de 2017 ont été battus avec 1,4 milliards de voyageurs internationaux, soit une croissance de plus de 5%. Un phénomène qui concerne toutes les régions du monde : la zone Asie-Pacifique (+7%), l’Europe et le Moyen-Orient (+6%), l’Afrique (+5%), les Amériques Nord et Sud n’enregistrant qu’un petit +3%. Une manne financière de plus de 7.000 milliards de dollars, et un secteur qui emploie 283 millions de personnes.
Que des bonnes nouvelles ? Pas tout à fait. Car, dans le même temps, un phénomène de rejet s’intensifie. Le problème de la saturation n’est pas nouveau, mais il n’a longtemps concerné que les sites naturels protégés. Il s’étend aujourd’hui aux villes, les enjeux environnementaux étant désormais rejoints par des considérations sociales et économiques. Les manifestations hostiles se sont multipliées, des slogans aux actes plus violents. L’OMT a d’ailleurs consacré une conférence à ce sujet, pour lequel un terme a fait son apparition, le surtourisme (overtourism en anglais).
Selon l’OMT, le surtourisme concerne le nombre de visiteurs mais surtout la capacité à les gérer et les conséquences pour les population : prolifération des hôtels, disparition des commerces traditionnels, augmentation du coût de la vie, difficultés à se loger, incivilités…

SURTOURISME

Le surtourisme est l’impact du tourisme sur une destination ou quartiers de celle-ci, qui influence exagérément la qualité de vie perçue des citoyens et/ou la qualité des expériences des visiteurs de manière négative.

Source : Organisation Mondiale du Tourisme